• c

    Quelques pas, un saut et il s’élève au Firmament
    Merveilleux être de lumière divine
    Fils élu de cette Nature Sublîme
    Alchimie organique des quatre éléments

    Cheval tu es le Feu qui fait brûler le vent
    Le souffle d’Air de la Beauté Parfaite
    L’animal de la Terre au profil d’Athlète
    qui comme l’Eau, coule au gré du Temps

    Pégase de la Nuit je suis Bellaphoron
    Pur Sang inaccessible et Roi comme le Lion
    Cheval tu tiens dans ton coeur le monde

    Etalon de légende, passion céleste de Chine
    Puissant comme Perceval, Hercule ou bien Odin
    Tu es l’Universel, tu propages le Bien

    Winston Perez, 2009


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  • hirondelles-361459.jpg

    Etanché de sa soif, évidé de racines,
    Escortant le soleil et son arc rougissant,
    L’oiseau palpe le temps d’une palme de vent
    Puis griffonne sa chair aux fusains des marines.

    Son plumage émargé d’un regard sans rétine,
    Glisse sa peau de miel et son teint de réglisse
    Entre les plis fardés d’un ciel crû où blanchissent
    La mousse des marais et les pins à résines.

    Il fige le plaisir au bout de ses deux ailes,
    Brise le roc des flots, et d’un stylet de glace,
    Tranche la soie du jour d’une ganse rebelle.

    Lors, son vol passe le Nil, les lacs et les terres
    Où déjà meurt l’orient sur les hautes terrasses,
    Pour suivre un lourd radeau dont les voiles s’enferrent.

    Francis Etienne Sicard, Odalisques, 1995


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  • gnawiv1.jpg

    De le nier, on aurait tort.
    De l’ignorer, pareillement.
    Tant il est vrai qu’en plein essort,
    et de nos jours, superbement,
    le cul est roi. Et dans le vent.

    C’est vérité fondamentale.
    Pour l’ériger en idéal,
    au bond il faut saisir la balle.
    Tout malin y sera gagnant.
    Le cul est roi. Et dans le vent.

    Soudainement c’est frénésie.
    Deviser cul crée bons profits !
    Déjà maints champs sont investis.
    Et tous les styles y sont présents.
    Le cul est roi. Et dans le vent.

    Pour se laver de tout vulgaire
    et pour ne point nuire aux affaires
    et pour en user librement,
    aux mots latins on se réfère.
    Le cul est roi. Et dans le vent.

    Ecrivains et écrivassiers
    qui tant de pages noircissez,
    et dans la douleur enfantez,
    dissertez cul, abondamment.
    Le cul est roi. Et dans le vent.

    Du cul, ne soyez point avares
    Indispensable au rendement,
    vous y gagnerez belles parts.
    Et grand succès. Conséquemment.
    Le cul est roi. Et dans le vent.

    Quant à l’écran et à l’image,
    envahissant, il y fait rage.
    Mal acceptées, les oeuvres sans.
    Que d’obstructions et de barrages !
    Le cul est roi ! Et dans le vent !

    Esther Granek, Synthèses, 2009


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  • 1

    J’étais enfant. J’aimais les grands combats,
    Les Chevaliers et leur pesante armure,
    Et tous les preux qui tombèrent là-bas
    Pour racheter la Sainte Sépulture.

    L’Anglais Richard faisait battre mon coeur
    Et je l’aimais, quand après ses conquêtes
    Il revenait, et que son bras vainqueur
    Avait coupé tout un collier de têtes.

    D’une Beauté je prenais les couleurs,
    Une baguette était mon cimeterre ;
    Puis je partais à la guerre des fleurs
    Et des bourgeons dont je jonchais la terre.

    Je possédais au vent libre des cieux
    Un banc de mousse où s’élevait mon trône ;
    Je méprisais les rois ambitieux,
    Des rameaux verts j’avais fait ma couronne.

    J’étais heureux et ravi. Mais un jour
    Je vis venir une jeune compagne.
    J’offris mon coeur, mon royaume et ma cour,
    Et les châteaux que j’avais en Espagne.

    Elle s’assit sous les marronniers verts ;
    Or je crus voir, tant je la trouvais belle,
    Dans ses yeux bleus comme un autre univers,
    Et je restai tout songeur auprès d’elle.

    Pourquoi laisser mon rêve et ma gaieté
    En regardant cette fillette blonde ?
    Pourquoi Colomb fut-il si tourmenté
    Quand, dans la brume, il entrevit un monde.

    Guy de Maupassant, Des vers


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  • soleil2

    Imaginez le soir en robe de satin
    Et le ciel, sous un dais broché de perles pâles.
    Découpez dans vos rêves des bruits de pétales,
    Et colorez vos yeux d’un lourd parfum de marbre.

    Attachez-y la soie d’un voile byzantin
    Dont la Sainte, Sophie, aux langueurs médiévales,
    Fond la cire de paix sur un miroir de dalles,
    Et vous verrez l’Orient déguiser son destin.

    Bosphore et Corne d’or, la mer de Marmara,
    Etale son tapis de navires marchands
    Sur le toit des palais, d’un pas fragile et lent.

    Or, écoutez la voix des minarets béats,
    Où se froisse le souffle d’un soleil couchant,
    Sous l’enclume alanguie des fanions de sultans.

    Francis Etienne Sicard, Odalisques, 1995


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